Homélies de la semaine du 15 mars 2020

Un petit commentaire quotidien de la Parole de Dieu...

Si vous l’avez manquée, l’homélie de dimanche dernier est en bas de cette page. 
Pour ce dimanche, c’est ici !  !


Samedi 21 mars

Lisez d’abord les lectures du jour !

Touchés dans notre orgueil !

Un moine du mont Athos du XIVème siècle, Grégoire Palamas, posait la question suivante en commentant la parabole de ce jour du pharisien et du publicain au Temple (Lc 18, 9-14) : « Pourquoi l’humilité élève-t-elle l’homme à la hauteur de la sainteté, tandis que la présomption le précipite dans le gouffre du péché ? Voici. Celui qui se prend pour quelqu’un d’important devant Dieu est à juste titre abandonné par Dieu, puisqu’il pense ne pas avoir besoin de son secours. L’autre reconnaît son néant et, de ce fait, se tourne vers la miséricorde divine. Il trouve à juste raison la compassion, l’assistance et la grâce de Dieu. »

Toutefois, le Seigneur n’abandonne pas totalement l’orgueilleux. Car, dans sa miséricorde, il n’a de cesse de le corriger et même, selon le prophète Osée, de le frapper et le blesser (cf. Os 6, 1-6). Mais, rassurez-vous, « frapper et blesser » par les paroles de sa bouche prononcées par les prophètes et non pas à coups de bâton et de châtiment. La parole de Dieu vient nous blesser… dans notre orgueil ! Et nous invite à retourner vers lui avec humilité : « Venez, retournons vers le Seigneur ! il a blessé, mais il nous guérira ; il a frappé, mais il nous soignera » (Os 6, 1).

Ces paroles nous sont particulièrement douces en ce temps de crise qui, il faut bien le reconnaître, nous invite aussi à l’humilité. Elles nous préparent à vivre Pâques avec un cœur de pauvre, à l’image du publicain de la parabole. « Après deux jours, il nous rendra la vie ; il nous relèvera le troisième jour : alors, nous vivrons devant sa face » (Os 6, 2).

Ab. Luc Terlinden


Vendredi 20 mars

Lisez d’abord les lectures du jour !

« Dieu est l’unique et il n’y en a pas d’autre que lui. L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocauste et de sacrifices. » (Mc 12, 33). En reformulant ainsi la réponse de Jésus à sa question « Quel est le premier de tous les commandements », le scribe de l’évangile montre le lien entre amour et sacrifice. Dieu veut en effet la miséricorde et non les sacrifices. Il préfère le sacrifice de miséricorde, c’est-à-dire de pouvoir aimer en vérité, pleinement, en donnant de soi, en se donnant vraiment. Voilà ce que Dieu choisit et qu’il réalise très concrètement lui-même, comme il nous le montre en Jésus-Christ, Dieu fait chair qui se donne jusqu’au bout, par pur amour.

C’est à ce sacrifice-là que nous sommes invités à participer. Faisant partie du Corps de Jésus, nous sommes appelés à cet amour-là. Un amour à l’image du Père. Un amour dont parle poétiquement le prophète Osée : un amour qui pardonne, fidèle envers et contre tout ; un amour qui dit « Reviens » ! Un amour qui offre, qui s’offre, et qui devient, lorsqu’il est reçu, un admirable échange d’amour mutuel.

Lorsqu’il est reçu ! Car en effet la liberté nous est donnée de refuser cet amour ou au contraire de le recevoir, de nous laisser rejoindre humblement par ce don gratuit et d’offrir à notre tour « en sacrifice les paroles de nos lèvres », un humble sacrifice de soi-même dans l’humilité de la reconnaissance de nos faiblesses, de nos fautes, de nos manques d’amour. Réponse au pardon déjà donné… C’est cet échange qui permet alors de recevoir la réponse de Dieu : « Je les guérirai de leur infidélité, je les aimerai d’un amour gratuit… ».
Nous sommes appelés à cela. Dans ce double commandement de l’amour : vis-à-vis de Dieu, et vis-à-vis de notre prochain. Et en ce temps de confinement, notre prochain peut se trouver très proche, et tout le temps, mettant notre patience à l’épreuve. Alors soyons particulièrement attentifs à cet amour double : amour de Dieu et des autres. L’amour de Dieu dans l’écoute de sa Parole pour mieux le connaître, dans la prière pour entretenir notre relation à lui, tout cela pour mieux l’aimer et recevoir de lui sa manière d’aimer notre prochain, nous ressourcer en lui. L’amour du prochain dans ce double sacrifice, cette double attitude d’humilité dans la reconnaissance de notre faiblesse et de miséricorde dans le pardon à donner. Ce double amour à faire fructifier ensemble, dans le sacrifice de soi-même… toute une conversion…

Ab. Bruno Druenne


 

Jeudi 19 mars - Saint Joseph

Lisez d’abord les lectures du jour !

Saint Joseph : saint patron de la Belgique, du Canada, des USA, du Vietnam, de la Chine… saint patron des travailleurs, des familles, des pères de famille, des artisans… et en premier, saint patron de l’Église universelle !

C’est lui que nous fêtons aujourd’hui !

Regardez Joseph. Sa vocation est très particulière. Il a répondu oui à l’appel du Seigneur : « il fit ce que l’Ange du Seigneur lui avait prescrit » (Mt 1, 24).

  • Il a répondu en homme juste, c’est-à-dire vrai, droit, confiant, aimant, et surtout fidèle, dans la foi.
  • Il a vécu pleinement sa mission de père, c’est-à-dire de serviteur de la vie et de la croissance de l’enfant qui lui a été confié, répondant ainsi à l’appel du seul vrai Père à participer à son unique paternité.
  • Et il a vraiment constitué le gardien et le protecteur de la sainte famille, de Jésus-Christ enfant et jeune : Dieu avait préparé Joseph à fonder ce foyer pour la venue de Jésus !

Saint Joseph a été le protecteur et gardien du Fils de Dieu, de Jésus-Christ. Serviteur fidèle et prudent. Il a orienté toute sa vie vers Jésus-Christ, et ça, c’est la sainteté.

Aujourd’hui, il continue à remplir sa mission dans l’Église, elle qui est le Corps du Christ ; de même que Marie poursuit sa mission comme mère de l’Église. Nous pouvons donc demander à saint Joseph de prier pour nous, pour l’Église, pour les pays dont il est le saint patron, pour toutes les familles. En ce temps de désert très particulier, confions-nous les uns les autres au Seigneur par l’intercession de saint Joseph, en priant particulièrement pour ceux dont on parle beaucoup moins aujourd’hui : ceux qui sont persécutés dans le monde, ceux qui souffrent de pauvreté et d’épidémies depuis longtemps, ceux qui sont laissés de côté par nous et nos sociétés.

Comme de nombreux saints dans l’histoire de l’Église et à l’image de Jésus-Christ, que l’époque que nous vivons ne nous fasse pas oublier tous ceux, proches ou lointains, qui n’arrivent pas à sortir de la misère (n’oublions pas par exemple les habitants d’Haïti).

Ab. Bruno Druenne


Mercredi 18 mars

Jésus nous enseigne la Loi pour que nous la mettions en pratique !

Lisez d’abord les lectures du jour !

Le gouvernement a reçu les pouvoirs spéciaux. Il est occupé à légiférer à tour de bras pour nous protéger de ce fameux virus… Aujourd’hui, la loi se met au service de la vie et, en particulier, de celle des plus faibles. Dans nos démocraties libérales occidentales, très attentives à promouvoir nos libertés individuelles, ce retour énergique à la loi peut surprendre, même si nous en comprenons la finalité. Mais n’est-ce pas aussi l’occasion de redécouvrir la valeur intrinsèque de la loi, quand celle-ci se met au service de la dignité de tous et du bien commun ?

La tradition biblique tient en haute estime la Loi. La Loi dépasse d’ailleurs une signification purement juridique, pour désigner un « enseignement » donné par Dieu aux hommes afin de régler leur conduite : « Maintenant, Israël, écoute les décrets et les ordonnances que je vous enseigne pour que vous les mettiez en pratique » (Dt, 4, 1). Ceux qui les garderont deviendront eux-mêmes des sages : « ces décrets et ces ordonnances seront votre sagesse et votre intelligence aux yeux de tous les peuples » (Dt 4, 6).

Jésus s’inscrit pleinement dans cette tradition et n’hésite pas à reprendre à son compte la Loi, dont « pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra jusqu’à ce que tout se réalise » (Mt 5, 18). Il ne vient pas l’abolir mais l’accomplir, la porter à sa perfection. Qui lit la suite de ce chapitre 5 de Matthieu comprend aisément qu’il ne s’agit pas ici d’une lecture légaliste et rigoriste de la Loi, celle des scribes et des pharisiens que Jésus dénonce, mais bien d’accomplir la loi dans un amour sans mesure. Il s’agit de réfréner sa colère, de chercher la réconciliation, de débusquer toute convoitise, de refuser la vengeance, d’aimer jusqu’à ses ennemis et de vouloir du bien à ceux qui nous persécutent… En ce temps de confinement qui, tout en nous isolant, nous rend aussi plus proches de ceux qui vivent sous le même toit, je ne peux que vous suggérer de relire cet enseignement de Jésus, pour le méditer et le mettre en pratique !

Ab. Luc Terlinden


Mardi 17 mars

Lisez d’abord les lectures du jour !

Azarias et deux de ses compagnons avaient refusé d’adorer l’immense statue d’or que le roi Nabucodonosor avait fait ériger. Ce dernier avait pourtant imposé à tout son peuple et à tous les résidents de se prosterner devant cette statue. Mais aucun des 3 hommes, tous juifs, ne voulait servir d’autres dieux : ils étaient fidèles à Dieu seul ! Pris de colère, le roi Nabucodonosor les a condamnés à être jetés dans une fournaise brûlante. (cf Dn 3)

Mais au milieu du feu, Azarias et ses compagnons ont continué à s’adresser à Dieu en le louant et en le bénissant, tout en reconnaissant leurs faiblesses, leurs péchés. La première lecture de ce mardi en est un extrait. Azarias, au nom des 3 juifs, implore la miséricorde du Seigneur, le priant de garder l’Alliance établie depuis leurs pères Abraham, Isaac et Jacob. Et dans cette situation où il ne peuvent plus faire d’holocauste, de sacrifice, d’oblation ni de quoi que ce soit comme offrande, dans une très grande liberté, ils s’offrent eux-mêmes en sacrifice, faisant en même temps offrande spirituelle de leurs « cœurs brisés, esprits humiliés » : « reçois-nous, comme un holocauste de béliers (…). Que notre sacrifice, en ce jour, trouve grâce devant toi ».

Aujourd’hui, nous sommes appelés à entrer dans la même démarche d’offrande, en nous appuyant entièrement sur la miséricorde de Dieu, comme Azarias. Mais pour nous cela se fait en vertu de notre baptême : par notre baptême, nous avons été incorporés au Christ, nous sommes membres de son Corps ! C’est parce que nous sommes du Corps du Christ et parce que le Christ s’est offert lui-même, preuve de la miséricorde infinie de Dieu, que nous pouvons nous-mêmes nous offrir… Nous pouvons nous offrir en nous unissant à l’offrande du Christ, à son sacrifice !

Et cela, nous sommes invités à le faire à chaque eucharistie, particulièrement à la présentation des dons. Dans ce rite-là, il y a une parole prononcée à voix basse par le prêtre juste après que le pain et le vin aient été apportés à l’autel et présentés au Seigneur : « Humbles et pauvres, nous te supplions, Seigneur, accueille-nous : que notre sacrifice en ce jour trouve grâce devant toi ». C’est cette prière d’Azarias dans la fournaise.
À chaque Eucharistie, nous sommes invités à nous unir au sacrifice du Christ !

Et en cette période où nous ne pouvons pas vivre l’Eucharistie ?
Eh bien c’est peut-être une occasion de renouveler cette offrande, d’une autre manière. De s’offrir avec le Christ, en communion avec tous les chrétiens persécutés. D’offrir ce jeûne eucharistique à Dieu, en communion avec le Corps tout entier du Christ, l’Église, dont le Christ est la tête… Et sachez que cette offrande est réelle, en communion aussi avec les prêtres qui, chaque jour, offrent en votre nom à tous, et à vos intentions, le sacrifice eucharistique !

Ab. Bruno Druenne


 

Dimanche 15 mars

L’abbé Luc Terlinden vous propose l’homélie qu’il a préparée pour vous en ce dimanche d’un carême un peu particulier… 

Mais lisez d’abord les lectures du 3e dimanche de Carême A !