En lumière 2

© UP Sainte-Croix Ixelles

Nous avons le plaisir de vous proposer le deuxième volet de la série de portraits de notre Unité Pastorale que nous souhaitons mettre en lumière.

Nous avons interviewé Soline du Chastel et Manu, tous deux paroissiens de notre Unité Pastorale et impliqués dans la catéchèse.

Merci à Soline et Manu pour leur très aimable participation et leur implication envers la catéchèse!


 

Peux-tu te présenter en quelques mots ? et comment es-tu devenu catéchiste au sein de notre UP?

Soline: Je m’appelle Soline du Chastel, bio-ingénieur de formation, et mère au foyer de 4 enfants de huit à quatorze ans.

Quand nous avons intégré la paroisse de la Cambre il y a une petite dizaine d’années, nos enfants étaient encore très petits et n’étaient vraiment pas sages à la messe. Nous avions élaboré – avec un succès très relatif- toutes sortes de stratagèmes pour les garder en place et parvenir à suivre la messe.

Finalement, nous avions pensé que, s’ils comprenaient ce qu’il s’y passait, ils seraient peut-être plus intéressés et attentifs, et j’ai pris l’habitude de consacrer le dimanche matin, entre le petit déjeuner et la messe, à donner le catéchisme à nos enfants. Nous lisions les textes du jour. J’avais aussi reçu un très joli livre qui captivait les enfants.

J’avais déjà pas mal expérimenté sur nos pauvres enfants et il m’a paru très naturel de déplacer cette petite formation familiale dans les murs du presbytère et d’y intégrer les enfants de la paroisse. J’ai commencé la catéchèse avec le groupe des 7- 8 ans (éveil à la foi), et les ai suivis jusqu’en troisième année. C’était un merveilleux groupe d’enfants et je les garderai pour toujours dans mon cœur. Je suis ensuite restée catéchiste en troisième année. J’ai souvent été aidée par des co-catéchistes qui m’ont énormément appris.

Manu: Je suis originaire du sud de la France, et après avoir passé plusieurs années à Paris et aux Pays-Bas, je suis arrivé à Bruxelles fin 2006 pour raisons professionnelles. Mon épouse est Polonaise et nous avons deux filles de 9 et 12 ans.  

C’est ma troisième année de Catéchiste de 3ème année de Catéchèse, et avant cela j’ai dispensé la catéchèse aux 2ème années pendant un an.

Comment se déroule une séance de catéchèse avec ton groupe ?

Soline: Nous nous réunissons maintenant les vendredis après l’école, pour une heure de catéchisme suivie d’un temps d’adoration.

Nous commençons toujours par un temps de prière, où nous confions notre réunion au Saint-Esprit. Ensuite vient un moment d’enseignement, pendant lequel nous contemplons pas à pas le déploiement du plan de salut de Dieu pour l’humanité, et où, je l’espère, les enfants petit à petit découvrent à quel point ils sont aimés de Dieu. Nous commençons avec l’Ancien Testament, la longue attente du peuple de Dieu, puis, à partir de l’incarnation, fixons nos yeux sur la figure de Jésus venu donner sa vie pour nous. Enfin, à partir de l’Ascension, nous nous émerveillons sur la présence de l’Esprit Saint dans le monde, et sur le rôle que chacun de nous peut jouer dans ce plan de salut, avec l’aide du Seigneur et en communion avec tous les autres baptisés. Les enfants préparent ainsi leur confirmation.

Nous avons la grande chance de vivre ensuite un moment d’adoration, animé par notre diacre et d’autres catéchistes, et où viennent se joindre d’autres enfants de la paroisse.

Manu: Nous avons l’habitude de nous rencontrer une fois par mois le dimanche matin avant la messe des familles. C’est généralement un dimanche matin bien rempli et très riche. Nous avons des séances de Caté de 1h30, qui se terminent toujours par un petit gouter emmené par un des enfants pour tous les autres. Cela leur permet de souffler et d’éviter qu’ils aient faim durant la messe. Dans chaque séance, j’essaie toujours de placer au moins un temps de prière, un temps de réflexion, et un temps de jeu. 

Comment et avec quoi prépares-tu ta séance de catéchèse ? Qu’est-ce qui te semble essentiel d’apporter aux enfants ?

Soline: Il y a deux ans, j’ai eu la chance de découvrir la pédagogie du Bon Berger, qui est un outil formidable au service de l’enfant et qui s’inspire des principes éducatifs de Maria Montessori.

L’enfant, avec l’aide d’un matériel soigneusement élaboré, y fait l’expérience de la joie que procure l’amour de Dieu, une expérience faite dans l’écoute de la Parole et dans la prière.

Je m’émerveille toujours moi-même en préparant nos réunions de catéchisme : plus on creuse, plus on se rend compte de la beauté de notre religion et de la bonté de Dieu pour ses enfants.

Je m’émerveille aussi devant le cœur des enfants, et c’est en les observant que je me rends compte que si nous voulons entrer dans le Royaume de Dieu, nous devons devenir comme eux, simples, confiants et de bonne volonté.

En pratique, hormis la fabrication de ce matériel et la préparation de l’enseignement, je sais bien que pour que le message passe, il me faut consacrer un vrai temps à la prière, afin de donner les rênes au Seigneur. C’est lui seul en fin de compte qui touchera les cœurs de ses enfants. Je me souviens de cette remarque que m’a faite un prêtre un jour : « tu auras beau te donner toute la peine de la terre et t’agiter dans tous les sens, si tu ne pries pas, tu es comme une tricoteuse qui agite ses aiguilles sans fil ! »

Manu: Je reste en général très proche de la Collection Sel de Vie, qui propose par année 4 livrets et aborde différents thèmes. Avant chaque séance je me plonge dans le livret et je consulte aussi le livret du catéchiste pour déterminer comment organiser mon temps. Généralement, je fais cela en 2 temps, la première fois je fais une liste des sujets et jeux/bricolages possibles avec leur ordre. Puis quelques heures ou quelques jours après je le consolide et décide de l’ordre final. Dernièrement comme j’avais déjà organisé des séances les années précédentes, j’ai aussi un peu regardé sur internet s’il n’y avait pas des vidéos qui intéresseraient les enfants, et j’en ai rajouté quelques-unes dans mes séances. 

Je n’ai pas fait d’école Catholique et ma formation traditionnelle Chrétienne est relativement limitée, par contre, j’ai toujours été très sensible à la force du message du Christ et ce que cela peut nous apporter dans la vie de tous les jours. Dans la plupart de mes séances j’ai essayé de prendre le temps avec les enfants de réfléchir avec eux, de leur faire comprendre et ressentir ce message en leur montrant qu’il est tout à fait actuel même s’il parle de personnes qui ont plus de 2000 ans. J’ai aussi essayé de me mettre à leur niveau de communication, par exemple, il y avait une bd sur les Franciscains du Bronx qui était intéressante mais qui n’était pas suffisamment parlante. J’ai trouvé une petite vidéo d’un de ces Franciscains, qui parlait de sa vie et le montrait en action. Je voulais que les enfants puissent réellement voir que ce ne sont pas seulement des histoires dans des livres.   

 

Et enfin comment avez-vous fait pour garder le lien avec les enfants, leurs parents pendant cette dernière année ? 

Soline: Cette année, nous avons réussi à maintenir pratiquement toutes nos réunions de catéchisme. En revanche, nous étions désolés de voir les messes réduites à une assistance de 15 personnes. Plusieurs des familles ont été découragées par ces restrictions et n’ont pas eu l’occasion d’être présentes régulièrement aux messes dominicales. Heureusement, le Père Emmanuel a eu la gentillesse de célébrer quelques messes « rien que pour le KT », qui ont été très appréciées des enfants et de leurs parents. Je dois dire que nous sommes tous très heureux de voir que les messes seront à nouveau ouvertes à un plus grand nombre dès la semaine prochaine ! Le catéchisme sans la messe n’a pas de sens, et s’il fallait choisir, je dirais toujours aux enfants d’aller plutôt à la messe. La messe est une rencontre entre le ciel et la terre. A la messe, Jésus revient, sous les apparences du pain et du vin, s’offrir sur la croix pour nous donner sa vie, la vie de Dieu. La messe, c’est ce chemin en raccourci qui nous conduit au ciel.

Manu: J’avoue que c’était assez difficile de garder la même qualité du contact avec les enfants que les années précédentes. Même si nous avons pu garder les séances, étant donné les conditions sanitaires, les contacts n’étaient pas les mêmes. Puis, ce qui a beaucoup manqué c’était le lien avec les messes des familles qui en principe auraient dû se dérouler après. C’était une occasion d’impliquer non seulement les enfants mais chaque fois une famille durant la célébration, et je trouve que ça permettait aux parents de participer au cheminement de leur enfant, et de le renforcer. 

En lumière n°1

Dernière mise à jour : 19/6/2021