Historique détaillé de 1845 à 1912

Nous avons cru bien faire de publier cette notice sur l’église Saint-Boniface, pour honorer la mémoire de tous ceux qui ont contribué à l’ériger, à l’agrandir, à l’orner ; pour éclairer les personnes qui fréquentent ou qui visitent ce temple sans peut-être suffisamment connaître l’histoire et la valeur des objets qui y sont renfermés ; pour indiquer à ceux qui s’intéressent à la splendeur de cet édifice religieux, les développements qu’il comporte.

L’église est la maison de tous, de ceux d’hier, d’aujourd’hui, de demain. Nos aïeux l’ont bâtie, mais il appartient à chaque génération de contribuer à son embellissement et de former ainsi le lien pieux qui rattache le passé à l’avenir.

Certes, nous ne voulons pas exagérer la valeur architecturale de l’église Saint-Boniface. Nous savons ses défauts et reconnaissons volontiers qu’à notre époque, où le goût artistique est meilleur, on eût construit avec les mêmes ressources un plus bel édifice. Cette concession étant faite, nous mettons sous les yeux du lecteur l’appréciation de M. Schayes et quand il l’aura lue, il se dira : « Si cet auteur parlait ainsi lorsque l’église était incomplète, qu’elle n’était que badigeonnée, sans boiseries, sans vitraux et sans peintures, que ne dirait-il pas aujourd’hui ! »

« L’église Saint-Boniface, au faubourg de Namur à Bruxelles, commencée en 1847 sur les plans de M. Dumont, est un édifice beaucoup plus remarquable que l’église de Borgerhout. L’intérieur, partagé en trois larges nefs de même hauteur, par six colonnes en faisceau, formées chacune d’un pilier central et de quatre longues colonnettes cylindriques, avec chapiteaux ornés de feuilles de chou frisé, qui portent les nervures croisées de la voûte, est d’un aspect charmant et le sera davantage encore lorsqu’un jour les hautes et belles fenêtres lancéolées dont est percé le chevet polygonal du chœur seront ornées de verrières. Les voûtes surbaissées de la tribune d’orgue posent sur des colonnes cylindriques et accouplées. Il y a très peu de nos anciennes églises qui aient une façade aussi nette et aussi imposante. Elle est entièrement revêtue en pierres de tailles ».

(Schayes, Histoire de l’architecture, IV, p. 231).

Le gros-œuvre a été terminé en 1849, et l’on a pu, le dimanche des Rameaux de cette année, y célébrer, pour la première fois, l’office, qui a commencé par la première communion des enfants.

En 1885, sous la direction de M. l’architecte De Curte, l’église a été agrandie de moitié par l’adjonction d’un transept et d’un chœur profond remplaçant celui dont parle plus haut M. Schayes. Ce chœur est d’une grandeur impressionnante, soit qu’il doive, hélas ! se revêtir de vastes tentures noires, sur lesquelles se détachent ses colonnettes blanches élancées, soit que, plus heureux, il se pare pour une fête.

À l’occasion d’une grande journée liturgique, d’un mariage, d’une première communion solennelle, d’une première messe, quand un grand tapis rouge recouvre le pavement du sanctuaire, quand les baies du fond sont garnies de courtines éclatantes, quand l’autel ruisselant de lumières est entouré de massifs de palmiers, les officiants et les assistants du chœur semblent faire avec les personnages des verrières un immense tableau.

Elle a été consacrée par S. E. le cardinal Goossens en 1887.

Vous pouvez télécharger ci-dessous le texte complet écrit en 1912 et qui comporte les chapitres suivants:
p1 Introduction
p2 Création de la paroisse
     Les curés et les vicaires
p3 Composition actuelle du Conseil de fabrique
p4 La façade
p5 Les autels et confessionnaux
p6 Le buffet d’orgue, la galerie du jubé, le mobilier
p7 Les vitraux
p11 Les statues de l’église
p12 Peintures de l’église
p13 Les fresques de M. Wante
p14 Les sacristies
p15 Conclusion

Création de la paroisse

C’est par arrêté royal du 18 mai 1845 que fut créée la paroisse.
Les limites de cette nouvelle succursale seront les suivantes : à partir de la rue de l’Arbre-Bénit jusqu’au château de Bellevue, la rue du Curé, une ligne tracée de la face de cette rue jusqu’au château de Sans-Souci, d’où l’on descend par la rue des Trois Montagnes et on continue jusqu’aux limites des communes d’Etterbeek et de Saint-Josse-ten-Noode.

Le premier curé

Le premier curé de Saint-Boniface fut M. Jean-Baptiste Mortas ; son histoire est racontée en abrégé dans les inscriptions de sa tombe, au cimetière d’Ixelles. Sur l’une des faces de son monument nous lisons :

Sépulture

Du Très Révérend Monsieur Mortas

Fondateur, Premier Curé et Bienfaiteur

De l’Église de Saint-Boniface

Pieusement décédé le 29 Avril 1861

À l’âge de 60 ans.

R. I. P.

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