Historique St-Adrien et Boondael

Adrien de Nicomédie

Adrianus était officier dans l’armée de l’empereur romain (d’Orient) Galère (fin 3ème siècle /début 4ème) qui faisait appliquer avec zèle les 4 édits de persécution des chrétiens de Dioclétien.   Galère  Dioclétien

Vers 306, alors qu’Adrianus avait 28 ans, il se convertit devant le courage de trente-trois chrétiens de Nicodémie que Galère avait ordonné de supplicier.

Apprenant cette conversion, l’empereur fît emprisonner Adrianus avec les autres chrétiens puis, quelque temps après, le fît comparaître devant lui en présence de ses compagnons pour le faire fouetter . Puis Adrianus et ses compagnons furent de nouveau jetés en prison. Comme des matrones, dont Nathalie, femme d’Adrien, soignaient en cachette les suppliciés dans leur prison, l’empereur ordonna qu’on tranche les pieds puis les jambes des prisonniers pour ensuite faire brûler leur corps.  Adrianus fut le premier supplicié et on lui coupa également une main. Quand on jeta les corps des martyrs au feu, Nathalie voulut se précipiter dans le brasier et  une pluie violente éteignit les flammes.  Nathalie récupéra alors la main de son mari qu’elle conserva précieusement. Réfugiée peu de temps après à Constantinople pour échapper à la proposition de mariage que lui avait fait un Tribun elle rendit l’esprit après avoir vu, en songe, Adrianus lui demander de le rejoindre dans la paix éternelle.

Les reliques de Nathalie et d’Adrianus ont été transférées, en 1110 de Constantinople au monastère de Grammont en Belgique.    

  • Saint Adrien de Nicomédie et son épouse sainte Nathalie sont fêtés en Orient ensemble le 26 août.
  • En Occident, saint Adrien est fêté le 8 septembre et son épouse Nathalie, qui l’encouragea à souffrir le martyre, le 26 août.

Boondael

Au commencement, sur la rive droite du Maelbeek, les champs s’étendaient jusqu’au Solbosch à l’ombre duquel se blottissait un hameau : Boondael, que traversait un antique chemin : le Dieweg, qui reliait Nivelles à Malines par Uccle, Boondael et Woluwe.  Ce hameau avait donné son nom au plus illustre écrivain brabançon du XIIIe siècle : Jean van Boendaele, né en 1280.

XVe siècle.
En 1463, un bourgeois de Bruxelles, Guillaume de Hulstbosch, dont les ancêtres possédaient une ferme à Boondael, avait fait ériger une petite chapelle non loin des ses propriétés. Il la fit rebâtir deux fois et il la consacra à la Vierge et à Saint Adrien. En 1477, les membres du Serment des Arquebusiers de Bruxelles prennent la chapelle sous leur protection en l’enrichiront de deux somptueux retables polychromes.
Boondael compte alors 24 foyers. Sur les chemins venant d’Ixelles on rencontrait souvent des arquebusiers se rendant à Boondael pour s’y livrer à leurs exercices et y donner des fêtes.
Les arquebusiers s’étaient regroupés en Compagnie à la mort de Charles le Téméraire, et Marie de Bourgogne avait autorisé leur Serment, placé sous le patronage de Sainte Barbe et de Saint Christophe, dont le retable échappé aux iconoclastes ornait toujours l’autel de la petite chapelle.

XVIe siècle.
Après que Charles-Quint eut été proclamé empereur à Aix-le-Chapelle le 28 juin 1519, le hameau de Boondael connaîtra la faveur impériale. Souvent l’Empereur, sa famille et la Cour participent aux chasses dans la forêt de Soignes.
Les dames qui ne chassaient pas, les courtisans, les serviteurs innombrables se rassemblaient à Boondael dans une longue galerie ornée de tapisseries et de trophées, en attendant le départ et le retour des chasseurs. Les paysans attirés par les préparatifs des festins et espérant recevoir quelques pièces de gibier s’approchaient des écuries qui pouvaient contenir trois cent chevaux.
Les chasses traversaient la forêt de Soignes, forçant cerfs et sangliers, et revenaient à Boondael, mettant pied à terre sur la place du hameau.
Au mois de septembre 1556, l’Empereur s’embarquait pour l’Espagne où la retraite et la mort l’attendaient. Avant de quitter Bruxelles, il désira revoir une dernière fois la forêt de Soignes et ce hameau de Boondael, et il suivit une chasse en compagnie de son fils, de ses sœurs Marie et Eléonore, de son neveu l’archiduc Maximilien d’Autriche et de l’archiduchesse Marie ainsi que de son invité, le Bey de Tunis, Muley-Assem dont les vêtements éblouissants et le sombre visage plongeaient les villageois dans la stupéfaction. Jamais la chapelle de Boondael ne vit autant de têtes couronnées devant son humble autel.

 

XVII siècle.
Sur les chemins venant d’Ixelles les arquebusiers se rendaient toujours à Boondael. En 1646, Antoine Meskens, décroche le titre de « roi » du tir et offre une lampe de cuivre à l’oratoire. En 1658 le Serment prenait celui-ci sous sa protection et faisait graver ses armoiries au dessus de la porte d’entrée. Il dépend à cette époque de Saint-Pierre à Uccle et ce n’est qu’en 1825 qu’il fut rattaché à l’église Sainte-Croix.
A l’imitation de ce qui se faisait en Angleterre depuis le XVIIe siècle, une course de chevaux était organisée chaque année à Boondael à l’occasion de la kermesse par les patrons de la chapelle, les doyens de la Guilde des Arquebusiers, et le trophée n’était pas la clochette d’argent anglaise mais un cheval d’argent, ardemment convoité par les gens des paroisses et des hameaux voisins. Le gagnant de la course était proclamé roi avec un certain cérémonial et il recevait, tout comme certains grands seigneurs, le privilège d’entrer à cheval dans la chapelle (à l’époque, promeneurs, chiens, chats … etc … déambulaient dans les édifices religieux – voir le témoignage laissé par les peintures de genre « intérieurs d’église »).

XIXe siècle.
Le hameau de Boondael était, depuis deux ans, réuni à Ixelles quand éclata la révolution de 1830.
La chapelle de Boondael fut entièrement restaurée en 1842.
En 1862, le torchon brûle dans le paisible hameau de Boondael où Pierre Vandenbranden, conseiller communal depuis 1845, était au plus mal avec le curé Godefroid-Gautier Broux, desservant la paroisse St-Adrien. Si Vandenbranden était d’opinion libérale, il n’avait pourtant rien d’un anticlérical. Il présidait le conseil de fabrique de l’église. Mais il était aussi président de la société de musique « La Paix » qu’il venait de fonder et, en cette qualité, et il faisait grief au curé d’avoir organisé une fanfare concurrente.  De cette rivalité devaient naître de nombreux incidents dans le genre héroï-comique. Ainsi, M. le curé sortait bruyamment à la tête de sa société de musique, laquelle passait à proximité du lieu où se réunissaient les membres de l’administration communale … De son côté, le bourgmestre affirmait que certains enfants quittaient l’école dès qu’ils faisaient partie de la société dirigée par le curé. Ces faits se passaient avant que la lutte scolaire n’ait commencé en Belgique en 1879. A Boondael on anticipait ! Forte tête que ce curé Broux : à un agent de l’administration communale venu lui faire des représentations pour avoir remisé au jubé certains tableaux et notamment les volets de l’autel niellé, il avait fait cette réponse : « Dites à M. le Bourgmestre que s’il est maître dans sa commune, je suis moi maître dans mon église ». N’importe quelle circonstance, comme la quête des chaises, dont le résultat était dû aux finances communales, donnait lieu à d’autres incidents. Ceux qui tenaient pour le curé refusaient de payer, ce qui enrageait les fabriciens. Les marguilliers écrivaient au collège pour les supplier de leur envoyer la police durant les services divins pour mettre les quelques récalcitrants à leur place. De son côté, le curé tonnait en chaire contre eux et demandait aux autorités ecclésiastiques supérieures d’intervenir auprès du gouverneur pour l’inviter « à nommer un nouveau conseil » ! Finalement, le cardinal promut Broux à une autre cure.

XXe siècle.
La vieille chapelle devenue trop petite est désacralisée pour laisser la place à l’église actuelle du quartier:  Saint-Adrien, qui est inaugurée le 18 mai 1941. En septembre 2015, le quartier et la paroisse ont fêté le 552 ème anniversaire de la première messe célébrée dans la chapelle.

Un site internet du quartier de Boondael a ensuite été créé.  Les photos et l’ historique de la maquette “Les Santons” de nos grands amis Roger Blin et Jean Schueremans ont été intégrés sur le site du quartier – Boondael – avec quelques modifications.

. Le site internet du quartier de Boondael

Dernière mise à jour : 10/2/2017